Le lauréat du Grand Prix Paris Match du photoreportage étudiant 2008 est rossé et insulté par des fonctionnaires de la police française
Paris, 24 Juin 2009
Chers amis,
Nous vous écrivons parce que Juan Pablo Gutierrez, l’un des membres les plus brillants de notre association d’étudiants et créateurs colombiens en France (COLCREA) a fait l’objet récemment d’actes de violence et de vexation de la part de fonctionnaires de la police française, alors qu’il venait déjà d’être agressé par de jeunes délinquants à proximité de son domicile.
Juan Pablo Gutierrez est un jeune colombien de 27 ans. Il poursuit des études d’Arts plastiques à l’Université de Paris 8. Le sérieux de son travail en tant que photographe a été reconnu par des organisations aussi prestigieuses que l’Agence Magnum Photo. Vous pouvez juger vous-mêmes sur pièce de la qualité de ses œuvres en consultant sa page personnelle www.juanpablogutierrez.com
Son idée a consisté à remplacer la photographie humanitaire, à caractère sensationnaliste et spectaculaire, par une photographie humaniste qui met en évidence la dignité de la personne photographiée. Il a obtenu le Grand Prix Paris Match du photoreportage étudiant 2008, en illustrant la vie des bambins et des mômes qui habitent dans les bidonvilles des environs de Paris. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il existe des foyers de misère au sein de la cinquième puissance économique mondiale. Son dessein ne se réduisait pas à faire de prises, à estimer la luminosité ou à placer des modèles. Sa réussite a consisté à faire accepter sa présence, puisque son propos était d’incarner le rôle que remplissait jadis le photographe familial.
Si vous creusez dans vos souvenirs d’enfance ou dans le récit d’époques lointaines, quand la possession d’un appareil photographique constituait un luxe réservé à une minorité, si vous vous remémorez ces temps, alors vous y trouverez l’image de cet homme qui a vu défiler devant son objectif et ses éclairs de magnésium trois générations d’êtres humains, ce témoin de premières communions, mariages et anniversaires. Animé par l’ombre nostalgique de ce personnage, Juan Pablo a pris place dans le tiers-monde du premier monde. Les photographies de notre confrère associatif réussissent à transformer la misère omniprésente – palpable à l’absence d’électricité et d’eau courante, au relent tenace de pipi de chat… – en un élément secondaire par rapport à l’humanité de la personne photographiée. Il ne s’agit plus des enfants déshérités ni des petits effarés du poème de Rimbaud, c’est l’enfance rayonnante d’un être que la vie, même au milieu des privations, n’a pas omis d’illuminer.
Les photographies de Juan Pablo vous donnent à penser. Ils vous invitent à méditer sur l’injustice qui vous environne, sur la vitalité des êtres humains que la misère ne parvient pas à entamer, sur la frontière floue entre la réalité et la représentation. Tel a été justement le sujet d’une de ses œuvres qui a fini par être censurée par des autorités locales qui, sous prétexte qu’elle portait atteinte aux institutions et aux croyances religieuses, ont méconnu ainsi les principes républicains de laïcité et de liberté d’expression qui constituent, à notre avis, deux des plus admirables et exigeants fondements de la République française.
Nous ne vous décrivons ici que le photographe, le confrère associatif, responsable des questions culturelles à COLCREA. Nous précisons que COLCREA est une association à but non lucratif, dont l’un des principaux buts consiste à rallier de jeunes étudiants autour d’un engagement éducatif qui vise à améliorer l’intégration à la société des travailleurs latino-américains et d’autres provenances, par la connaissance de la langue, la culture et l’histoire françaises (cf. la page web de notre association www.colcrea.org)
A une époque aveuglée par l’individualisme et nourrie de résignation (c’est la crise, répètent-ils, il n’y a rien à faire), un être humain, un colombien, un professionnel tel que Juan Pablo sort de l’ordinaire.
Voici le confrère travailleur, l’étudiant exemplaire, le citoyen engagé, le lauréat photographe, le colombien respectueux des lois de la République, voici l’homme que des fonctionnaires de la police française ont retenu sans raison, ont rossé sans ménagement, ont humilié sans vergogne alors que Juan Pablo s’était rendu au commissariat de la Goutte d’Or pour déposer plainte suite à l’agression qu’il avait subie. Ne revenons pas sur les faits. La presse a déjà rapporté plus ou moins fidèlement ces blâmables événements, mais sans nous rappeler à quel point Juan Pablo est une personne remarquable et honnête qui ne méritait absolument pas un si détestable traitement.
Car nous tenons à souligner un point lourd de conséquences. Un agent de police a asséné à Juan Pablo une telle gifle au niveau de l’oreille qu’il l’a littéralement assourdi en lui faisant perdre de façon irrémédiable 40% de sa capacité auditive par cette ouïe.
Et nous, allons-nous rester sourds et muets tandis que des êtres humains aussi admirables que Juan Pablo Gutierrez sont la proie d’abus injustes, incontestables et injustifiables ?
Pour les membres de l’association COLCREA
Tous solidaires de Juan Pablo,
Tonatiuh Useche, Responsable des formations
Alvaro Luna Porras, Président Colcrea
Pour d’autres signatures solidaires,
William Herrera, Président Union d’associations latino-américaines en France (UNION)
Chers amis,
Nous vous écrivons parce que Juan Pablo Gutierrez, l’un des membres les plus brillants de notre association d’étudiants et créateurs colombiens en France (COLCREA) a fait l’objet récemment d’actes de violence et de vexation de la part de fonctionnaires de la police française, alors qu’il venait déjà d’être agressé par de jeunes délinquants à proximité de son domicile.
Juan Pablo Gutierrez est un jeune colombien de 27 ans. Il poursuit des études d’Arts plastiques à l’Université de Paris 8. Le sérieux de son travail en tant que photographe a été reconnu par des organisations aussi prestigieuses que l’Agence Magnum Photo. Vous pouvez juger vous-mêmes sur pièce de la qualité de ses œuvres en consultant sa page personnelle www.juanpablogutierrez.com
Son idée a consisté à remplacer la photographie humanitaire, à caractère sensationnaliste et spectaculaire, par une photographie humaniste qui met en évidence la dignité de la personne photographiée. Il a obtenu le Grand Prix Paris Match du photoreportage étudiant 2008, en illustrant la vie des bambins et des mômes qui habitent dans les bidonvilles des environs de Paris. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il existe des foyers de misère au sein de la cinquième puissance économique mondiale. Son dessein ne se réduisait pas à faire de prises, à estimer la luminosité ou à placer des modèles. Sa réussite a consisté à faire accepter sa présence, puisque son propos était d’incarner le rôle que remplissait jadis le photographe familial.
Si vous creusez dans vos souvenirs d’enfance ou dans le récit d’époques lointaines, quand la possession d’un appareil photographique constituait un luxe réservé à une minorité, si vous vous remémorez ces temps, alors vous y trouverez l’image de cet homme qui a vu défiler devant son objectif et ses éclairs de magnésium trois générations d’êtres humains, ce témoin de premières communions, mariages et anniversaires. Animé par l’ombre nostalgique de ce personnage, Juan Pablo a pris place dans le tiers-monde du premier monde. Les photographies de notre confrère associatif réussissent à transformer la misère omniprésente – palpable à l’absence d’électricité et d’eau courante, au relent tenace de pipi de chat… – en un élément secondaire par rapport à l’humanité de la personne photographiée. Il ne s’agit plus des enfants déshérités ni des petits effarés du poème de Rimbaud, c’est l’enfance rayonnante d’un être que la vie, même au milieu des privations, n’a pas omis d’illuminer.
Les photographies de Juan Pablo vous donnent à penser. Ils vous invitent à méditer sur l’injustice qui vous environne, sur la vitalité des êtres humains que la misère ne parvient pas à entamer, sur la frontière floue entre la réalité et la représentation. Tel a été justement le sujet d’une de ses œuvres qui a fini par être censurée par des autorités locales qui, sous prétexte qu’elle portait atteinte aux institutions et aux croyances religieuses, ont méconnu ainsi les principes républicains de laïcité et de liberté d’expression qui constituent, à notre avis, deux des plus admirables et exigeants fondements de la République française.
Nous ne vous décrivons ici que le photographe, le confrère associatif, responsable des questions culturelles à COLCREA. Nous précisons que COLCREA est une association à but non lucratif, dont l’un des principaux buts consiste à rallier de jeunes étudiants autour d’un engagement éducatif qui vise à améliorer l’intégration à la société des travailleurs latino-américains et d’autres provenances, par la connaissance de la langue, la culture et l’histoire françaises (cf. la page web de notre association www.colcrea.org)
A une époque aveuglée par l’individualisme et nourrie de résignation (c’est la crise, répètent-ils, il n’y a rien à faire), un être humain, un colombien, un professionnel tel que Juan Pablo sort de l’ordinaire.
Voici le confrère travailleur, l’étudiant exemplaire, le citoyen engagé, le lauréat photographe, le colombien respectueux des lois de la République, voici l’homme que des fonctionnaires de la police française ont retenu sans raison, ont rossé sans ménagement, ont humilié sans vergogne alors que Juan Pablo s’était rendu au commissariat de la Goutte d’Or pour déposer plainte suite à l’agression qu’il avait subie. Ne revenons pas sur les faits. La presse a déjà rapporté plus ou moins fidèlement ces blâmables événements, mais sans nous rappeler à quel point Juan Pablo est une personne remarquable et honnête qui ne méritait absolument pas un si détestable traitement.
Car nous tenons à souligner un point lourd de conséquences. Un agent de police a asséné à Juan Pablo une telle gifle au niveau de l’oreille qu’il l’a littéralement assourdi en lui faisant perdre de façon irrémédiable 40% de sa capacité auditive par cette ouïe.
Et nous, allons-nous rester sourds et muets tandis que des êtres humains aussi admirables que Juan Pablo Gutierrez sont la proie d’abus injustes, incontestables et injustifiables ?
Pour les membres de l’association COLCREA
Tous solidaires de Juan Pablo,
Tonatiuh Useche, Responsable des formations
Alvaro Luna Porras, Président Colcrea
Pour d’autres signatures solidaires,
William Herrera, Président Union d’associations latino-américaines en France (UNION)